Le géant pétrolier a reporté de six mois sa décision de fermer sa raffinerie des Flandres (Nord). Un sursis électoral, à la veille des régionales. A Saint-Chamond dans la Loire, les salariés de Siemens VAI n’ont pas obtenu de délais. Deux poids et deux mesures gouvernementales ?
Vue de Saint Chamond - Wikimedia Commons
C’est entendu, Total ne posera pas de problème au gouvernement. Comme
annoncé dans Marianne de ce samedi, le géant pétrolier a repoussé toute
décision en ce qui concerne l’avenir de la raffinerie de Marvick
(Nord), dont dépend l’avenir d’environ 800 personnes. On verra en août.
On a envie de dire : « c’est tout vu » puisque Christian Estrosi a
d’ores et déjà accepté le principe de l’arrêt de l’activité de
raffinage. « Je le dis très clairement, le gouvernement sera ferme,
nous n'accepterons pas qu'une initiative soit prise de manière
unilatérale sans que tous les engagements soient apportés pour
pérenniser l'emploi actuel de la raffinerie », a déclaré le ministre de
l’Industrie sur BFM. On sait déjà que Total va installer un centre de
formation, et que EDF a un projet de terminal gazier à 500 mètres de la
raffinerie. Alors pourquoi s’en faire?
D’autres ingénieurs ouvriers et techniciens, non moins méritants, sont eux, confrontés à une autre réalité. Dans le centre de la France, à Saint-Chamond (Loire), presque banlieue de Saint-Etienne. Le groupe Siemens, le plus puissant conglomérat industriel de l’Union européenne procède en ce moment à la fermeture de son établissement local, qui fabrique des machines et laminoirs de précisions pour la sidérurgie. 274 postes seront supprimés, et 35 autres transférés à quelques dizaines de kilomètres à Montbrison. Le reste de l’activité sera dispatchée en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Autriche, une autre en Chine, qui représenterait environ 300 emplois ! Mais pour Siemens, pas question de parler de délocalisation : « Nous suivons la demande dans les pays émergents », indique le service de communication. Les salariés de Siemens en sont à négocier les primes de licenciements. « Ca se passe difficilement, explique Georges Boncompain, délégué du personnel. La direction propose le minimum légal ».
Les syndicalistes ont peu de leviers à leur disposition : blocage de l’autoroute vers Lyon aujourd’hui. Journée ville morte jeudi. Mais il sont peu entendus. L’allemand Siemens, à la différence de Total, a pris soin de s’y prendre assez tôt (en septembre 2009), ce qui lui permet de boucler la restructuration le 14 février, juste avant que le débat électoral régional s’enflamme. Mais qui se soucie vraiment des salariés de Siemens ? L’établissement de Saint-Chamond, c’est un reste (on pourrait dire un reliquat) de Creusot-Loire, qui fut un des géants de la sidérurgie et de l’industrie lourde françaises et qui fit faillite en 1984. Une partie de l’empire se trouve maintenant dans Schneider Electric, une autre chez Arcelor Mittal. L’établissement de Saint-Chamond, qui fabrique les machines spécialisées dans le laminage et le traitement des tôles fines (pour l’automobile et les boites de conserves…), est passé dans des mains norvégiennes, puis britanniques (le groupe Trafalgar, cela ne s’invente pas) avant d’échouer chez Siemens. Depuis le début de la crise, la France a perdu 220000 emplois dans l’industrie, la plupart du temps dans un grand silence médiatique. Alors une restructuration de plus ou de moins…
D’autres ingénieurs ouvriers et techniciens, non moins méritants, sont eux, confrontés à une autre réalité. Dans le centre de la France, à Saint-Chamond (Loire), presque banlieue de Saint-Etienne. Le groupe Siemens, le plus puissant conglomérat industriel de l’Union européenne procède en ce moment à la fermeture de son établissement local, qui fabrique des machines et laminoirs de précisions pour la sidérurgie. 274 postes seront supprimés, et 35 autres transférés à quelques dizaines de kilomètres à Montbrison. Le reste de l’activité sera dispatchée en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Autriche, une autre en Chine, qui représenterait environ 300 emplois ! Mais pour Siemens, pas question de parler de délocalisation : « Nous suivons la demande dans les pays émergents », indique le service de communication. Les salariés de Siemens en sont à négocier les primes de licenciements. « Ca se passe difficilement, explique Georges Boncompain, délégué du personnel. La direction propose le minimum légal ».
Les syndicalistes ont peu de leviers à leur disposition : blocage de l’autoroute vers Lyon aujourd’hui. Journée ville morte jeudi. Mais il sont peu entendus. L’allemand Siemens, à la différence de Total, a pris soin de s’y prendre assez tôt (en septembre 2009), ce qui lui permet de boucler la restructuration le 14 février, juste avant que le débat électoral régional s’enflamme. Mais qui se soucie vraiment des salariés de Siemens ? L’établissement de Saint-Chamond, c’est un reste (on pourrait dire un reliquat) de Creusot-Loire, qui fut un des géants de la sidérurgie et de l’industrie lourde françaises et qui fit faillite en 1984. Une partie de l’empire se trouve maintenant dans Schneider Electric, une autre chez Arcelor Mittal. L’établissement de Saint-Chamond, qui fabrique les machines spécialisées dans le laminage et le traitement des tôles fines (pour l’automobile et les boites de conserves…), est passé dans des mains norvégiennes, puis britanniques (le groupe Trafalgar, cela ne s’invente pas) avant d’échouer chez Siemens. Depuis le début de la crise, la France a perdu 220000 emplois dans l’industrie, la plupart du temps dans un grand silence médiatique. Alors une restructuration de plus ou de moins…
Photo Hervé Nathan
L'église de Saint-Chamond est fermée. La pierre poreuse rend l'édifice dangereux. La flèche de gauche a du être démolie. Saint-Chamond,
petite ville du département de la Loire, 35500 habitants, à 12
kilomètres de Saint-Étienne, semble vivre au rythme des licenciements,
programmés dans deux entreprises industrielles, Siemens VAI et
Mavilor (groupe Krupp). Entre ces deux entreprises, c’est près de
600 emplois qui sont en jeu.
Profil
Hervé Nathan
Journaliste, 54 ans. Je suis actuellement rédacteur en chef économie et
social à Marianne, après avoir appartenu successivement à La Tribune et
à Libération. J’ai écris, en commun avec mon ami Nicolas Prissette du
Journal du Dimanche, un livre intitulé “Les bobards économiques”,chez
Hachette Littérature.
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