Saint-Chamond: "Siemens VAI tue l'emploi" PDF Imprimer Envoyer
Écrit par FI   

Les commerces de Saint-Chamond ont fermé leurs rideaux pendant une heure cet après-midi tandis que la rue de la République offrait le spectacle d'une performance façon Spencer Tunick. 

Les salariés de Siemens VAI MT France (ex CLECIM) auront multiplié les pétitions, essaimé sur la toile, chanté des chansons et jouer les comédiens... Ce jeudi, avec le soutien des élus et de plusieurs associations, ils entendaient encore dénoncer la fermeture du site, lourde de conséquence pour toute la cité. Au moins 274 personnes*, le visage masqué et vêtues de noir se sont prêtées au jeu d'une scénographie bien orchestrée, déclinée en 5 grands tableaux symbolisant autant d'émotions. Sous la conduite d'un collègue, les participants ont dénoncé tour à tour la précarisation, la mort subite, la fragilisation, l'humiliation et la défaite." Des choses que nous refusons et contre lesquelles nous nous battons", a lancé le maître de manoeuvre dans son mégaphone. Dos au mur, assis mains tendues, comme pour faire la manche, foudroyés du fait d'avoir perdu leur emploi, vautrés par terre, comme disloqués, debouts tête basse face aux nombreux appareils photos, en rang d'oignons devant un futur guichet de Pôle emploi. Et enfin, bas les masques et le poing tendu pour dire "non". Si le maire a salué "une belle action qui invite à continuer la lutte", et si certains participants étaient ravis de leur effet, d'autres, un brin narquois, ne se faisaient pas beaucoup d'illusion sur l'impact de cette manifestation...

* C'est le nombre d'emplois supprimés dans la Loire (sur 604) annoncé entre le 28 août 2009 et le 13 janvier 2010. 35 emplois supplémentaires ont été sauvés à la mi-janvier, précise l'intersyndicale. Certaines des activités du site seraient transférées en Allemagne et en Autriche. D'autres à Savigneux. La fin des négociations est fixée au 12 février. Les élus locaux, dont Philippe Kizirian se rendront vendredi en région parisienne pour une "réunion de la dernière chance" et tenter de démontrer à Siemens "l'intérêt qu'il y a pour Siemens de ne pas fermer le site". Ils rencontreront Philippe Carli, le PDG de Siemens France, désigné comme "médiateur".