A Paris : Siemens kills our industry
25 February 2010Also available in English, click on the english flag on the right.
MANIFESTATION DES « SIEMENS VAI » LE 24 FEVRIER 2010 AU TROCADERO, PARIS
Mercredi 24 Février 2010, 3 H du matin, ils sont 150 membres du personnel de SIEMENS VAI MT, sacrifiant leur repos nocturne, à se retrouver sur le parking du site de Saint-Chamond.
L’enjeu est de taille pour eux. Depuis septembre dernier, les sites de Saint-Chamond et Montbrison subissent un plan de restructuration drastique dont la négociation doit arriver à terme à la fin du mois. S’il est possible d’employer le terme de négociation, car depuis la signature de l’accord de méthode la Direction est restée campée sur ses positions tant sur le plan industriel que social, balayant avec dédain les contre-propositions pourtant pertinentes des partenaires sociaux et du Cabinet d’Expertise SYNDEX.
Pour mémoire, SIEMENS envisage la fermeture du site de Saint-Chamond, la suppression de 40 % de son effectif, soit 274 postes sur les 2 sites, le transfert des activités laminage à froid, planeuses et automatismes respectivement vers l’Autriche, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Le siège social de la seule activité qui nous est octroyée, le Cold Band (lignes de traitement de tôles) est localisé à Shanghaï. Ce qui laisse fort à craindre une délocalisation totale vers la Chine à court terme.
La ronde des véhicules décroit lentement et les employés de l’ex-CLECIM se répartissent dans les 3 autocars tandis que dans les soutes s’entassent pancartes, affiches et divers petits matériels nécessaires à cette nouvelle opération médiatique.
Cette fois, c’est vers la capitale qu’ils se dirigent. La veille au soir, 3 de leurs délégués ont rencontré un des conseillers du Président de la République. Vers 10 H, ils entrent dans la capitale sous une pluie battante. Après 1 H de circulation difficile, ils arrivent au siège de SIEMENS France où ils semblent attendus. Comme par miracle, le ciel se fait plus clément.
Le message des sites Loire est clair. Ils attendent de leur actionnaire davantage de considération. Ils ne veulent pas être la variable d’ajustement d’une politique de groupe menée uniquement en fonction des logiques boursières. Ils souhaitent que le contre-plan soit pris en compte et que le groupe allemand ait une réelle politique industrielle. Ils réclament des garanties quant à la pérennité de l’entreprise gravement mise à mal par le projet de la Direction. De plus, ils exigent des conditions décentes pour les personnes licenciées dans un contexte économique difficile et dans une région sinistrée.
L’après-midi, les trois autocars se dirigent sur l’esplanade du Trocadero. Sur place, après quelques sandwichs rapidement avalés, « les SIEMENS » prennent position sous l’œil imperturbable du Maréchal Foch pour une chorégraphie chargée de symboles. Plusieurs rangées font face aux photographes et cameramen, tenant devant eux des images représentant les produits et savoir-faire de leur entreprise centenaire à l’image de la Tour Eiffel (symbole du génie industriel français) qui trône en arrière-plan.

Au fil des commentaires diffusés par haut-parleur, certains se couchent égrenant la disparition successive des différentes activités, libérant ainsi la vue du public vers un dernier rang montrant en lettres de taille humaine le slogan : « SIEMENS DETRUIT NOTRE INDUSTRIE », alternativement traduit en Anglais : « SIEMENS KILLS OUR INDUSTRY »
Fortement ému, mobilisé et déterminé, le cortège descend les marches du Palais du Trocadéro en direction du Champ-de-Mars, la sono diffusant les différents tubes des « SIEMENS Singers » (voir également sur YOUTUBE).
Après un arrêt prolongé sous la Tour Eiffel durant lequel les manifestants crient leur colère, ils poursuivent leur marche (débordant ainsi du trajet prévu) jusqu’à ce qu’un cordon de gendarmes et de policiers leur intime la consigne de regagner au plus vite leurs bus.
Après avoir chanté la Marseillaise, « les SIEMENS » obtempèrent dans l’ordre et sont reconduits sous bonne escorte jusqu’aux portes de Paris qui renoue avec la pluie. (Deo Gracias !)

Dans l’autobus, ils sont satisfaits malgré une couverture médiatique qui n’était pas à la hauteur de leurs attentes. (faut-il incriminer une actualité sociale très chargée ou des pressions malveillantes ?) Leur journée restera dans les annales un succès. Néanmoins, la lutte continue avec son point d’orgue lundi, semble-t-il.
Les médias qui étaient présents (même s'ils n'étaient pas nombreux) ont porté beaucoup d'intérêt à notre action :
*Journal régional de France 3 Rhône Alpes le 24 février (à partir de la cinquième minute, jusqu'à la septième).
*RTL, le journal de 19h, dans les titres et de 1'48" à 3'26"
*L'humanité du 25 février

Autres liens :
http://www.tv5.org/
http://www.boursorama.com









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