Cellule psychologique

Vu l'état des gens, la mise en place d'une cellule psychologique est une bonne chose.

Sans se lancer dans des considérations moderno-bienveillantes, il semble intéressant de citer un passage de Double Peine de Virginie Brac. Ce roman raconte une aventure d'une psychiatre urgentiste amenée à travailler le plus souvent sur demande de la police directement sur le théatre des opérations dans des situations très tendues. Le style est celui du polar, mais l'approche est psychologique.

La soeur de Nadine, Evelyne,  a été tuée par sa meilleure amie d'alors Giselle. Au cours d'une enquête quelques années plus tard, la psychiatre urgentiste questionne Nadine sur les raisons qui ont mené Giselle à tuer Evelyne.

[...] Alors pour qu'Evelyne arrête de la stresser, Gisèle l'a fait taire ...

Nadine a prononcé ces mots simplement, sains haine, sans rancune, comme une évidence. Elle a la sérénité des gens qui ont posé des mots sur leur malheur. Elle connaît la cause de son chagrin, elle sait pourquoi sa soeur est morte. Elle a fait la paix avec le destin. Elle a accepté l'injustice.

Si je ne m'abuse, il semble que ce soit le rôle de la psychologue de la cellule psychologique. Aider les gens qui viennent la voir à entre autres exprimer des mots sur leur malheur. Or, Le malheur qui nous arrive est grand, que ce soit celui de perdre son travail, de perdre des collègues, de déménager de lieu de travail, de travailler dans une mauvaise ambiance, d'avoir à subir ce que nous avons subi. En fait, non seulement il est grand, mais en plus il est nombreux. Raison de plus pour aller y faire un tour.

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